La langue d'un chat au microscope
La langue du chat est souvent comparée à du papier de verre ou à une râpe, car sa surface est recouverte de nombreuses petites papilles acérées. Cette rugosité lui permet de toiletter son pelage, d'éliminer la saleté et les parasites, et contribue également à la régulation de sa température corporelle. Des études approfondies de cet organe au microscope et par IRM ont révélé une mine d'informations intéressantes sur sa structure. Ces connaissances permettent non seulement de mieux comprendre l'organisme du chat, mais trouvent aussi des applications dans la conception d'objets du quotidien utiles à l'homme.
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Structure et fonctions du langage
La langue du chat est composée de muscles longitudinaux et transversaux, ce qui la rend très flexible et mobile. L'animal peut l'étendre, la déplacer dans différentes directions et la courber en forme de cuillère, par exemple pour boire. La langue sert principalement à manger, mais elle joue également un rôle important dans la thermorégulation. Se lécher par temps chaud permet de rafraîchir la surface du corps, et une langue qui pend peut indiquer une surchauffe.

La couche supérieure de la langue est recouverte de papilles spéciales, dures et épineuses. Ces papilles sont essentielles non seulement pour retenir les aliments et les boissons dans la bouche, mais aussi pour nettoyer efficacement le pelage, en éliminant les saletés accumulées et les gros insectes. Grâce à cette propriété, les chats ont rarement besoin d'être baignés, contrairement aux chiens. Cependant, les chats ne peuvent pas retirer tous les débris (y compris les poils) de leur langue et les avalent. Il est donc conseillé aux propriétaires d'aider leur animal à faire sa toilette afin d'éviter que ces débris ne s'accumulent dans les intestins.
Dernières recherches
Jusqu'à récemment, aucune recherche sérieuse n'avait été menée sur la structure et la fonction de la langue du chat. En 2018, Alexis Noel, chercheur au Georgia Institute of Technology (Atlanta, États-Unis), a entrepris une étude détaillée de la structure de la langue du chat.
L’étude a consisté à examiner les langues de chats domestiques et sauvages décédés (les échantillons provenaient de zoos et d’éleveurs). Les résultats ont donc été évalués à partir d’échantillons de six espèces félines :
- Chats domestiques.
- Lynx roux.
- Pumas.
- Léopards des neiges.
- Tigres.
- Lions.
La langue des chats a été examinée au microscope et par IRM. Les photos et vidéos ont ensuite fait l'objet d'une analyse approfondie. À partir des données obtenues, les scientifiques sont parvenus aux conclusions suivantes :
- Les papilles rigides ne sont pas coniques (comme on le supposait auparavant), mais plutôt en forme de griffes incurvées. Cette forme permet la rétention de liquide (salive ou eau) sur la langue grâce à la tension superficielle. Ce mécanisme est très efficace : il retient le liquide sur la langue et empêche qu'il ne s'écoule de la bouche (un phénomène fréquent chez les chiens, notamment les races sujettes à une salivation excessive).
- Lorsqu'elle se lèche, la femelle pénètre dans la peau et repousse le poil. Grâce à elle, elle hydrate la peau. salive, ce qui permet de rafraîchir la peau et de réduire la surchauffe du corps.
- Les papilles sont mobiles. Lors du toilettage, elles peuvent changer de direction lorsqu'elles détectent des obstacles (comme des boules de poils). Cela leur permet de nettoyer non seulement le pelage de couverture, mais aussi le sous-poil dense. Ainsi, presque toutes les races de chats peuvent facilement nettoyer l'intégralité de leur pelage. Les races persanes font exception et nécessitent un brossage régulier pour prévenir la formation de boules de poils. enchevêtrements.
Application quotidienne des résultats de la recherche
Des chercheurs du Georgia Institute of Technology ont l'intention de breveter les résultats de leurs travaux afin d'en étendre les applications pratiques. Ces connaissances pourraient notamment servir à la conception de nouvelles brosses et autres outils de nettoyage pour les surfaces en laine (tapis, vêtements, etc.), ainsi qu'au soin des cheveux humains et animaux.
D'après les scientifiques, l'industrie mondiale des produits de nettoyage consacre actuellement plus de temps au développement de nouveaux liquides nettoyants qu'à l'amélioration des brosses. Les produits de nettoyage contiennent souvent des substances toxiques qui peuvent nuire directement ou indirectement à la santé et à l'environnement en se déposant dans l'eau et le sol. Parallèlement, les brosses, même celles en plastique, ont une longue durée de vie et sont moins toxiques que les produits chimiques ménagers. La structure unique de la langue du chat pourrait servir à créer de nouveaux outils de nettoyage pour les surfaces difficiles à nettoyer, comme la laine ou les tissus.

De plus, le principe de pénétration des papilles dans les couches profondes du pelage peut être utilisé pour développer des dispositifs permettant d'administrer des médicaments à travers les poils épais ou la laine (sans raser la zone affectée). Ceci pourrait être utilisé en médecine pour traiter les maladies dermatologiques chez l'homme et l'animal.
Alexis Noel et ses collègues ont déjà présenté un nouveau produit : TIGR (Toilettage inspiré de la langue). Il s’agit d’une brosse à deux rangées de dents imitant les papilles de la langue du chat. Fabriquée à l’aide d’une imprimante 3D, cette brosse possède des poils souples qui permettent un démêlage doux et sans effort des cheveux, même emmêlés. Elle démêle efficacement les fibres synthétiques et naturelles et pourrait donc trouver des applications, notamment dans l’industrie textile.
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